Luciano Cesare Ascenzi

1 gennaio 1996

Le portrait 1°

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Le portrait

Le portrait, le portrait dans l’art de la peinture comme le dit le mot même signifie reproduire un trait, c’est- à- dire refaire les lignes physionomiques de celui ou de celle qui pose. Il y a d’innombrables lignes qu’un peintre peut tracer sur un feuille ou une toile, mais après avoir observé son modèle une seule sera celle exacte qui pourra reproduire un trait précis du modèle et l’artiste doit nécessairement tracer ce trait là. C’est pour cela que la peinture de portraits est une discipline, une discipline comme peut l’être le tire à l’arc.
Essayez donc de reproduire les traits périmétraux d’un modèle nu et immobile dans une brève position, de deux, trois, cinq minutes et vous comprendrez, vu que vous serez obligé à être rapides et précis et emphatiques (emphase comme expression d’un sentiment)… voilà ce que je veux dire par discipline.
Le portrait est comme une gymnastique faite de mouvements contrôlés et incommodes et douloureux. Plus ils sont rapides, précis et emphatiques, plus ils sont douloureux. Le portrait est quelque chose entre un art martial d’origine orientale et le rite du thé.
Observation, autocontrôle, empathie, sentiment et ascétisme sont les différents aspects des ingrédients qui constituent la peinture des portraits.

Samedi 16 juin 2001

Mort d’un peintre

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Mort d’un peintre

A partir d’aujourd’hui je non toucherai plus un pinceau, la peinture et l’art sont mortes n’existent plus. J’ai peint pendant neuf ans comme autodidacte, pendant tout ce temps j’ai fait un travail original et qui ne s’est jamais répété. Mon art a eu une évolution, comme il se doit pour un bon artiste, c’est une évolution pas seulement technique mais aussi esthétique, qui reste toujours liée au sujet de la figure humaine (portraits et autoportraits de psychotiques).
L’affirmation et la reconnaissance de mes peintures ne concerne pas leur valeur esthétique, mais est liée à des faits qui n’ont rien à voir avec l’art.
Celui qui m’a imposé cet règle est un malade pervers qui a éteint en moi l’amour pour l’art et a éliminé l’envie de peindre.
Je ne suis plus un peintre, maintenant je travaille à la Coop .
Je vis seul et je fais mille choses, je n’ai même pas le temps de me préparer le dîner, maintenant je vis parmi les gens, je voix du monde et pour voir toutes les personnes que j’aime et que je connais il faudrait que les semaines soient de 14 jours et les journées soient de 48 heures et que j’ai plein d’argent et moi je n’en ai point d’argent, c’est pour cela que souvent je reste à la maison.
J’ai commencé à peindre parce que je voulais laisser un témoignage de mon passé, j’ai essayé de donner une forme à ma douleur, j’ai commencé à peindre pour remplir ma solitude sens espoir, pendant que j’étais hospitalisé dans un hôpital psychiatrique.
Depuis 5 ans je vis dans un appartement en via Cimabue avec Pierluigi et, malgré mon désespoir et mes ambitions, j’ai réussi à créer, de nombreux liens d’amitié et de connaissances, si vaste que je ne puis tous les contrôler, sauf si j’avais le don de l’ubiquité.
Puis j’ai réussi, de façon surprenante, à me réaliser dans la peinture, personne ne s’attendait autant de moi, ma réussite m’a surprit autant que les autres.
Je ne connaîtrai jamais la valeur économique de mes tableaux, maintenant ils sont absolument sous-estimés et si je faisais un acte pervers on les voudraient et achèteraient à un prix fou. Mon amour pour l’art m’aura coûté 2 ans et demi de prison ferme et d’autres affreuses souffrances.
On dirait que j’ai perdu du temps avec cette activité, on dirait qu’elle m’a coûté cher pour rien me donner en retour. Ce n’est pas vrai : il y a un mois j’ai participé à une exposition collective, avec un portrait de Pierluigi. Le professeur Bugatti le regardait avec admiration et m’a dit, après l’avoir observé un bon bout de temps: «c’est génial». Ce commentaire critique sincère m’a repayer de tout et me confirme que quand j’ai commencé à peindre je n’étais pas un dépourvu. Je savais que j’étais capable de faire un travail significatif.
Maintenant j’ai arrêté, arrêté pour toujours pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’art, j’en ai marre, maintenant j’ai d’autres choses à faire.

21.11.98

Un étrange commerce

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Un étrange commerce

Aujourd’hui j’ai vécu une nouvelle expérience, je suis allé à Lucca pour une exposition, où étaient exposés deux de mes autoportraits. Un d’eux me montre avec un énorme moustique sur le cou qui est en train de me piquer, je l’ai peint en m’imaginant d’être à Montelupo où les moustiques étaient une vrai plaie dix mois par an et il n’y avait point de remèdes contre elles.
Maintenant si un moustique me pique je pense immédiatement à cette terrible période de réclusion. Le tableau n’est pas bien peint, il me semble goffo, peint par une main peu pratique. J’ai seulement réussi à rendre le regard qui exprime un tourment sourd, intense, amplifié par la continuité avec laquelle il se répétait. L’autre tableau me voit assis sur à une table avec un gros livre devant moi et une cigarette à la main, avec à côté une femme. C’était la fille de la quelle pendant des années j’ai été amoureux et à la quelle je n’ai jamais avoué mon amour, par absence de courage et peut-être à cause de ça jamais corrisposto. Cette impuissance a aggravé ma maladie et mes peines.
Maintenant je me demande si les gens qui regardent ce deux tableaux comprennent les expériences de vie j’ai du affronter pour pouvoir les peindre. Peut-on vendre une vie de souffrances? Peut-on commercialiser la douleur? Il me semble d’être nu devant les gens qui regardent ces deux morceaux de viande supporata. C’est vraiment un étrange commerce. L’autoportrait a été vendu presque de suite à un couple qu’il y a quelque temps m’avait déjà acheté quatre autres tableaux. Je me suis approché à eux et il m’ont paru deux personnes sensibles et intelligentes.
Peut-être le tableau est dans de bonnes mains.

23 octobre 1996

Fauvisme et expressionisme

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FAUVISME ET EXPRESSIONISME

Parmi tous mes amis Claudio est le plus doué, le plus équipé et pas seulement parce que dans la faculté de Lettres il excelle dans ses études. Il a partout des 30 à exception d'un 27 et en plus il travaille régulièrement. Mais Claudio est doué dans la vie, il vit comme un jeune artiste, c'est-à-dire qu'il répand son talent dans beaucoup de domaines de la vie de tous le jours. Je l'aime et je l'admire, de la même façon que j'aime et j'admire d'autres jeunes, dans les différents lieux que je fréquente chaque jour. Y compris celui du travail chez Pizza Okey.
Mais Claudio a plus de talent que les autres et je l'aime et je l'admire plus que le autres. Quand je parle d'amour je veux dire une amitié profonde, virile et sans aucune attraction sexuelle.
Claudio et moi avons beaucoup d'échanges d'opinions et d'idées sur des sujets de littérature, d'art, de musique et évidement sur les femmes.
Claudio avant un examen d'histoire de l'art, ou il a eu 27, à tous les autres il a eu des 30, il m'a dit: "Les fauves sont les expressionistes français", ça pourrait paraître ainsi, mais ça ne l'est pas.
Il y a une différence essentielle entre les deux mouvements artistiques, une différence d'épaisseur, mais de toute façon, selon moi, ils ne sont pas du tout similaires.
Dans le fauvisme le but est d’arriver aux couleurs violentes. Le but est celui de produire un fort impacte avec des couleurs presque toujours pures, sans mélanges, sans tonalités moyennes. Le but est toujours une esthétique du beau, violent, mais beau, tout en superficie.
Dans l'expressionisme le couleurs sont presque toujours vives et pures, elles aussi sont un moyen pour arriver au but.
Pendant qu'il peignait, le peintre expressioniste, faisait avant tout une critique sociale et de mœurs et de l'individu dans l'Allemagne de l'époque. Le peintre expressioniste représentait le singe qui se cachait sous les apparence, le phocomèle, il creusaient en profondeur.
Ces peintres étaient de très belles âmes. De grands artistes, même si parmi eux manque le peintre divin, l'immense artiste, le Matisse de la situation ou du moins on voyait le peintre divin en Schiele, mais il est mort qu'il n'avait encore rejoint la trentaine. Trop tôt, même s'il nous a laissé des peintures d'inoubliable et étincelante et douloureuse beauté et force.

Vendredi 21 juillet 2000

Le portrait 4°

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Le portrait

Il vaut mieux peindre quelqu’un qu’on connaît bien, ou du moins un peu, afin de pouvoir le rendre vraisemblablement. La ressemblance ne suffit pas, il ne suffit pas que la personne peinte puisse se reconnaître dans la peinture, qu’elle puisse reconnaître ses traits dans la peinture.
Le portrait doit-être un portrait de l’âme ou du moins le portrait de certaines caractéristiques psychologiques du modèle.
Le peintre de portraits doit aussi rendre les émotions et les sentiments que les modèles lui évoquent.
Comment cela se fait-il? La chose la plus importante sont les yeux. Les yeux expriment tous les sentiments, les émotions et la situation psychologique qu’un être humain peut traverser. L’artiste doit les transmettre en les accentuant mais sans tomber dans le caricature. Ceci afin qu’une peinture puisse être une œuvre d’art et non pas une photographie.
En suite il y a la bouche. Par la bouche s’exprime l’humeur du moment et elle doit-être en parfaite syntonie avec les yeux. Ce que les yeux expriment doit l’exprimer aussi la bouche, de la même façon, avec la même intensité.
Le mains aussi sont très expressives, elles peuvent révéler beaucoup de situations cachées, l’intériorité.
Tout ceci doit être déformé selon la sensibilité de l’artiste, car comme je l’ai dit plus haut, l’œuvre d’art n’est pas un portrait photo du modèle.
L’œil de l’artiste est une loupe qui déforme, qui doit sectionner tous les composants et les rassembler dans un équilibre parfait.

Vendredi 21 janvier 2000

Michelangiolo

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Michelangiolo

La Renaissance se termine avec Michelangelo. Alors commence le Maniérisme. On pourrait dire que Michelangelo est le premier artiste maniériste. Michelangelo est un artiste tellement grand qu’il clôture une époque de très grands artistes, artistes géniaux et il en débute une autre où personne peut être considéré supérieur à lui. La Renaissance se caractérise par l’harmonie, par la sobriété, par l’équilibre et les proportions des formes et je dirai même par un certain gèle. Par contre le Maniérisme se caractérise par une accentuation du style de l’artiste, disons «à la façon de…», avec de allongements des corps, torsions des corps et des déformations.
La caractérisation que Michelangelo donne à ses figures est la corpulence, comment pourrai-je m’exprimer… comme Hercule… et les torsions… sont inconfortables.
Ses réalisations statuaires et ses peintures ont cette déformation, qui est une de ces caractéristiques, la déformation, la stylisation maniériste.
A Florence, au musée de l’Accademia il y a le David. Il attire de grandes foules. Chaque jour il y a des queues impressionnantes qui attendent de le voir. Toutes les autres œuvres sont délaissées ou regardées très rapidement. Mais dans l’Accademia il y a des statues des Prisons de Michelangelo et même ces statues non sont pas assez observées, comme les autres œuvres, excepté le David. C’est une grande erreur, car pour pouvoir comprendre Michelangelo il faut observer les Prisons plus que le David. Les Prisons sont plus michelangiolesques du David, plus maniéristiquement stylisées, à la façon de…

Samedi, 26 mai 2001

Paolo Uccello

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Paolo Uccello

Paolo Uccello – peintre de la Renaissance florentine est le peintre le plus extravagant et singulier de toute cette période. Est-ce qu’on pourrait définir Paolo un peintre gothique? Pas pour les canons qui définissent le style gothique, mais pour la sensibilité de son esprit et pour le résultat final de son iconographie, surtout de celle de ses batailles (Uffizi, Louvre).
Je parle de la bataille de S. Roman (Uffizi) que j’ai vue.
C’est une scène nocturne de chevaliers. On dirait qu’ils sont en train de jouter et non de combattre férocement, c’est une scène aux couleurs irréelles, avec une perspective quasi maniaque des premiers plans, avec des segments et des lances brisées et les lances et les cadavres couchés par terre et disposés comme des lignes orthogonales. Elles ont toutes l’air de ligne de fuite d’un réticule ou d’un échiquier, on peut l’imaginer comme ça. Mais dans le tableau la perspective vient d’en haut, comme d’un vol, et puis on dirait qu’il y a deux perspectives, celle du premier plan et celle du reste du tableau, deux points de vue.
Mais ce n’est pas seulement ça : la perspective et le plastique du volume font de ces tableaux des tableaux de la Renaissance; par contre l’irréel, l’élégance des chevaliers et la scène nocturne en font un tableau gothique courtois, c’est-à-dire la sensibilité de la peinture gothique, je veux dire par là ce qui reste dans nos mémoires lors ce qu’on a vu un tableau gothique ou même une statue gothique.

Dimanche 6 mai 2001

Fascination pour le morbide

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FASCINATION POUR LE MORBIDE

On m'avait assigné un destin de solitude et humiliations dont je ne comprenais guère la raison. C'est ainsi que j'ai transformé ma prison en tour d'ivoire, tapissée de livres. Savoir et comprendre, devenir peintre étaient l'unique raison de ma vie. Je me suis appliqué à la lecture. N'importe quel sujet absorbait mon intérêt, j'embrassais l'astronomie, la gastronomie, mais j'étais particulièrement intéressé par l'histoire de l'art, jusqu'à ce qu'on me permis de me dédier à la peinture. J'ai commencé avec des tableaux très nets, très précis, techniquement achevés, c'étaient presque toutes des copies, natures mortes de grands maîtres, puis je suis passé aux portraits et pour finir aux autoportraits. C'est alors que je me suis retrouvé enfoncé dans un marécage, sans pouvoir me nettoyer d'une boue tenace. J'ai découvert un vase du quel sont sortis des démons et des monstres. J'ai peint les blessures qu'on m'avait infligées et qui saignaient encore. C'était comme pratiquer des exorcismes et des conjurations pour essayer de conquérir l'insensibilité. Pour tellement de temps j'étais resté si près de la mort qu'elle était devenue ma compagne. Je me suis aperçu que le morbide et l'horreur avaient un étrange pouvoir de fascination. La toile était le miroir de ma chute dans une nuit si profonde, dans un vide de valeurs humaine si grand et je me suis représenté ainsi, infime et indigne, et j'en suis sorti de façon si puissante et j'ai vu un jour nouveau de tendres regards et d'humaine sympathie.

19 octobre 96

Le portait 2°

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Le portrait 2

Il faut qu’il y ait la vérité, c’est-à-dire la profondeur, je veux dire qu’il ne faut pas s’arrêter à la surface dans le portrait, dans la peinture. La ressemblance physionomique ne suffit pas, c’est peu pour un artiste. Il faut savoir cueillir les caractéristiques psychologiques et émotives qui caractérisent le modèle et les reproduire dans le portrait.
Rembrandt dans les différentes saisons de sa vie a peint une série extraordinaire d’autoportraits dans lesquels il se dévoile complètement. Rembrandt est peut être le plus grand dans ce domaine, je veux dire dans le portrait et l’autoportrait.
Celle de l’autoportrait est une autre histoire, il est peut-être plus facile d’investiguer au plus profond de soi-même, peut-être, je dis bien peut-être car peux sont ceux qui y arrivent.
Moi, dans le portrait, pour obtenir une plus grande profondeur je me confie à la mémoire, je veux dire par là qu’après avoir dessiné le modèle sur la toile je n’ai plus besoin du modèle. L’étalement des couleurs se fait dans un deuxième temps, quand le modèle n’est plus présent. J’étale les couleurs en me fiant à la mémoire sans avoir le modèle en face.
De cette façon je pense rendre outre que la ressemblance que j’ai obtenu dans le dessein avec le modèle juste en face, même les caractéristiques émotives et psychologiques du modèle qui m’ont le plus marqué et par fois impressionné. La mémoire purifie tout ce qui est superflu et qui n’est pas influent, dans la mémoire reste le plus fort, l’essentiel, le plus caractérisant.

Vendredi 22 juin 2001

Ma peinture

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Ma peinture

Jusqu’à présent on a admiré et étudié les lignes de la peinture, les couleurs et le dégradé. Les lignes pouvaient être descriptives, nerveuses, synthétiques ou à coup de fouet, comme dans le style Liberty. On admirait et étudiait les couleurs, qui pouvaient être harmonisés, opposées ou monochromes. Toutes ces variables formaient un tableau. Les spectateurs l’observaient et puis le comprenaient. Tout de même tout ce passait sur une superficie, qui pouvait être une toile, une table ou une feuille. C’était un seul plan ce qui rendait l’image comme un photogramme, c’est-à-dire immobile et non pas une séquence. Le regard se déplaçait sur la superficie et le spectateur pouvait alors dire: «Regardes cette tête : elle est si joliment faite» ou «quel beau paysage» ou encore «je n’aime pas ce tableau abstrait». Tout restait en superficie, tout était immobile et plat même s’il y avait la perspective. J’ai donné profondeur et mouvement à la peinture. Mes icônes déclenchent un processus d’idéation et d’imagination comme une séquence, elles suscitent des émotions qui doivent être pareilles à celles que j’éprouve quand je peins. Mes images font réfléchir, elles ont un très profond sens conceptuel. Elles racontent une histoire. L’histoire de ma vie. La vie d’un différent, d’une créature hybride, à moitié démoniaque, à moitié angélique. Elles vous rendent ce que vous m’avez fait. Mes icônes sont ma mort et deviendront vos cauchemars. Elles vous subjugueront, vous ne pourrez pas les oublier. Elles entreront dans la zone d’ombre de votre âme. Je les ai peintes avec mon sang, avec toute ma rage, elles sont me revanche contre vous, porcs. Le niveau technique de mes tableaux, de ces premiers sept ans, est grossier, parce que je suis un autodidacte. Mais ils sont tout de même efficaces, ils vont au but, ils vous étrangleront. Depuis quelques mois je prends des cours de peinture chez le professeur Bugatti et ma technique s’améliore lentement. Maintenant je peins le portraits de mes ex-compagnons d’asile. Ce sont toutes des personnes qui, d’une façon ou d’une autre, me tourmentaient. Sauf certaines femmes. Je raconte leurs histoires dans mes tableaux, avec toute ma rage, avec haine, c’est ma revanche.

20.4.97

Gustav Klimt

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Gustav Klimt

Aucun peintre a réussi à représenter la femme comme l'a fait Gustav Klimt. Du moins une certaine idée de la femme, ce c'est pas la femme universelle, c'est un aspect de la femme.
Gustav Klimt était probablement un luxurieux, du moins il n'était pas insensible au charme de la femme vu que quand il mourut 14 enfants illégitimes revendiquaient leur hérédité.
Klimt a surtout peint des femmes, femmes vampires, femmes serpents dans le jardin de l'Eden, côté sombre de l'humanité, femmes molles avec des yeux vifs, bouches entre ouvertes et humides, femmes bistrées, posant de façon obscène, qui se masturbent ou qui copulent.
Gustav Klimt a su représenter la souplesse et le pouvoir séducteur du corps féminin. Klimt vivait dans une société au crépuscule et qui sera balayée par la première guerre mondiale, l'année de la mort de Klimt. Comme la femme, sa peinture est vêtue de mille paillettes et de lueurs et, comme la femme, ses peintures et ses tableaux sont séduisants.

7.9.98

Difficile

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DIFFICILE

Comprendre pourquoi un dessin ou une peinture sont une œuvre d'art paraît si difficile. Observer et, comme un coup d'épée, arriver au noyau du problème, déchiffrer l'intelligence profonde de l'œuvre. Pourquoi un ensemble de lignes tracées d'une œuvres ont réussi à se conjoindre dans un ensemble merveilleux comme la toile d'une araignée, grand artisan, et mille autres non. Le fait de savoir évaluer une œuvre, la confronter, comprendre la différence qu'il y a entre un tableau et un autre, paraît difficile comme pour un analphabète faire une équation. Pour moi, comprendre tout, tout seul, à été un grand défi, j'ai abîmé une bonne vue sur les livres et j'ai usagé mes chaussures pour visiter tous les musées de Florence, infatigable. Mais un autre niveau d'intelligence et de lucidité je l'ai rejoint après avoir beaucoup lu et observé, en me mesurant avec les œuvres, sans aucun maître, complètement autodidacte. Maintenant je sais combien c'est difficile de choisir parmi les infinies possibilités les coordonnées pour pouvoir réaliser la magie d'une œuvre réussie.

Septembre 96

Le métier de peintre

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Le métier de peintre est une activité très spirituelle et si je devais la comparer à quelque chose de religieux je dirai que c’est comme les “Exercices spirituels” que les Jésuites pratiquent contrairement à d’autres ordres religieux, contrairement à d’autres métiers.
Il faut dominer la matière et la transformer en quelque chose qui puisse dilater l’esprit et qui puisse émerveiller et toucher et même pour les plus sensibles, qui puisse émouvoir.
Il faut être légers et rigoureux comme les moines copistes et je pense que ce métier est comme une vocation religieuse.
Il doit y avoir beaucoup de religiosité dans un peintre, ça doit-être la religiosité des saints et non pas la religion des béguines et de ceux qui se donne des airs, qui bat et frappe une fausse monnaie.
Le peintre est comme un moine franciscain, il a épousé sœur pauvreté et en aucun cas il doit se vendre à «Mammon». Il doit trouver son profit dans le travail, tout le reste est en plus, il faut bien pouvoir vivre.
Le peintre, dans une époque technologique et de la reproduction technologique des images est un personnage démodé et avec sa manualité il est hors temps, soit pour la lenteur que l’imprécision, mais cela dit un mon portrait, par exemple, manque de fixité de l’image reproduite techniquement. L’œuvre d’art est polyvalente, poly-expressive et joue, elle a un espace dans lequel elle joue et c’est dans cet espace qu’on peut lire les différentes significations d’un bon portrait d’une œuvre.
L’expression d’un portrait d’une vrai œuvre, même si elle fixée dans une toile, a un espace dans lequel elle bouge et dans cet espace le regard du spectateur peut de prolonger, réfléchir et sentir.
Je compare le métier de peintre à l’activité religieuse quand le peintre peint avec le même état d’âme et la même concentration mentale et qu’il est complètement replié sur soi et sur ce qu’il voit. Comme le sont les Jésuites pendant leurs exercices spirituels.

Mercredi 20 juillet 2002

L’inexprimable peut-etre

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L’inexprimable peut-être

J’ai trempé le pinceau dans mes plaies pour pouvoir rendre l’inexprimable, l’absence de souffle, une anxiété qui consume, la peur. Quand à l’hôpital psychiatrique ça se passait bien il y avait de mauvaises mines, des ricanements, des rires de dérision, des insultes, à l’hôpital psychiatrique on aurait pu se tabasser.
J’ai essayé de peindre l’haleine froide de la mort qui m’a accompagné dans tous les lieux où j’ai été enfermé. Pellicanò, après avoir vu quelques uns des mes tableaux, m’a dit que je réussi à transmettre mes émotions.
J’ai réalisé une révolution, les peintres jusqu’à présent peignaient ce qu’ils avaient en face et ils le rendaient de façon plus ou moins neutre, ou ils travaillaient de fantaisie vers une autre esthétique, mais sans chercher en soi-même, dans leur propre passé des sujets pour travailler.
Rendre ma vie, l’aliénation et la mort, a été un travail douloureux et difficile. J’ai trouvé beaucoup de raisons pour peindre une vie différente, une vie qui était un chemin tortueux et ombrageux, un chemin latéral qui ne réussissait jamais à rejoindre l’autoroute du Soleil qui était la vie de tous les autres. Pourquoi ai-je commencé à peindre à 40 ans? Parce que quand j’étais enfant, très petit, j’avais 5 ou 6 ans, j’avais essayé de dessiner un portrait de mon père avec un crayon, et on me félicita pour cela. A partir de ce moment j’ai supposé que j’étais un bon peintre et j’ai vécu avec cette conviction jusqu’au moment ou j’ai entrepris cette activité, c’est-à-dire jusqu’à mes 40 ans.
Tout ceci m’a servi comme instrument pour laisser des documents de mon point de vue sur ce que j’avais fait et quelle avait été la punition. Peut-être mes tableaux n’ont pas de valeur artistique, peut-être ils sont seulement une pathologie pour des images, mais cela n’a pas d’importance. Je ne me considère pas un artiste et de toute façon je ne les aime pas et je ne sais pas quoi faire des honneurs réservés aux artistes.
Je ne reproduit pas des choses agréables pour embellir le monde. Quel est le but de rendre plus gentils les salons des bons bourgeois ? Le monde fait peur, c’est pour cela qu’il faut être sincères et brutales, comme je l’ai été avec mes autoportraits, avec moi-même.

Octobre 96

Goya

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Goya

Goya est un colosse de la peinture et il est dans l'absolu mon peintre préféré, car son art a une grande valeur morale. Sa peinture est une dénonciation, la dénonciation d'un pays arriéré et violent: l'Espagne du XVIIIème et XIXème siècle.
Goya peint les fêtes populaires qui sont féroces et violentes. La manifestation de la violence est gratuite et raison d'amusement et de passes-temps.
Goya peint la violence de l'homme sur l'homme et des hommes sur les animaux. Goya donne forme à des tableaux et des gravures qui représentent un catholicisme, soumit au pouvoir monarchique inepte et despotique, qui opprime et étrangle le peuple, qui lui le vit comme une superstition. Son œil attentif rend grotesque, déforme et monstrueuse une humanité dégradée et sans espoir.
La souffrance et le désespoir de Goya de vivre dans une époque pendant laquelle le sommeil de la raison créait des monstres (ceci est aussi le titre d'une de ses gravures) est avivé par la surdité qu'il a contracté après une maladie.
Goya abandonnera l'Espagne où il lui été devenu impossible de vivre. Il passera ses dernières années en France.
Goya n'est pas seulement un grand peintre et un grand graveur, c'est aussi un homme de grande envergure morale. Sa peinture mûre et ses gravures (art immense et originelle) représentent une société qu'il connaissait bien et qu'il condamnait.

26.8.98

Peintures sacres

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PEINTURES SACRES

Je voulais commencé une série de peintures inspirées de la Bible. Elles devaient être significativement différentes de toutes les peintures faites jusqu'à présent, elles devaient être impitoyables vis-à-vis d'une certaine mélasse sentimentale que la religion continue à avoir; elles devaient être cruellement ironiques mais pas blasphèmes; elles devaient mettre en ridicule une certaine façon de percevoir le "bon, le bien".
Je n'ai pas réussi à maintenir mes propos, disons que j'y suis arrivé dans mes deux premiers tableaux, puis je me suis perdu. Peut-être il m'est trop difficile d'affronter les choses avec le même état d'esprit à fur et à mesure que le temps passe. Je sais que mon état d'âme, mes émotions oscillent, elles oscillent d'une extrémité à l'autre, comme une pendule, en l'espace de peu de temps. Je m'exalte et je me crucifies le même jour. Ceci se passe à un niveau émotif et mes émotions sont le moteur de ma créativité. Tout en moi naît à partir des entrailles. Garder la même intensité dans le temps coûte trop d'énergie, peut-être c'est impossible pour ceux qui comme moi crée avec les entrailles. C'est pour ça que j'ai fait seulement quelques tableaux en 12 ans, parce que j'ai dessiné seulement quand j'étais émotionnellement emporté, je n'ai jamais réussi à faire le métier de peintre comme si c'était un travail, c'est-à-dire avec continuité, tous les jours.

Samedi, 14 avril 2001

L’art dans le temps

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L’art dans le temps

L’art a été, et par art je veux dire la peinture et l’écriture… je disais… l’art a été considérée pendant des siècles un instrument pour enregistrer. On utilisait les peintres et les sculpteurs pour documenter et illustrer tout ce qu’on pouvait et tout ce qu’il était nécessaire d’illustrer et de documenter.
Pendant longtemps les peintres et les sculpteurs ont été considérés au même niveau des autres travailleurs, c’est-à-dire des artisans, même si d’un certain point de vue technique et créatif ils étaient plus habiles, ils étaient déjà des artistes même si ils n’étaient pas reconnus à un niveau pratique.
C’est Michelangelo qui a transformé les peintres et les sculpteurs en le faisant devenir et reconnaître les artistes comme des travailleurs qui apportaient de nouvelles idées. L’artiste se différencie des autres pour cela : parce qu’il porte de nouvelles idées, et plus ces idées sont personnelles et originelles et plus elles sont considérées du publique et plus grand devient l’artiste.
Avec Michelangelo l’art est passé de simple instrument de documentation de la réalité à un instrument d’interprétation de la réalité et plus l’interprétation de la réalité dans l’art est personnelle plus elle est efficace.
En 5 siècle on a fait beaucoup de chemin sur cette voie jusqu’à effacer la réalité avec l’art abstrait et même après on a toujours trouvé des points de vue très personnels de la réalité selon les états d’âme propres à chaque un, selon les sentiments et les idées des artistes.
Même si il semble être toujours plus difficile de trouver des idées innovatrices les idées sont infinies et il y aura toujours quelque chose de nouveau à dire sur l’art, du moins c’est ce que je crois.

Jeudi, 20 septembre 2001

A quoi sert l’artiste?

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A quoi sert l’artiste? (creatif)

A quoi sert l’artiste? Quelle est son utilité dans la société? L’artiste semble être tout à fait inutile à la société… c’est un individu qu’on ne peut pas cerner dans un schéma, il n’est pas productif, il est comme un étincelle qui ne se contrôle pas et qui doit ruiner les conventions avec lesquelles les classes sociales qui produisent… je veux dire les citoyens qui produisent des produits, des biens matériaux, l’argent…
L’artiste (c’est-à-dire celui qui créé) doit se déshabillé dans la plus grande sincérité, comme dans un soliloque, il doit parler à soi-même… Il doit faire un pas avant les autres (la société), enrichir l’imagination, la vie spirituelle des autres, faire réfléchir, scandaliser.
L’artiste est contre.
L’artiste doit apporter des idée éblouissantes, éversives, brisantes, toujours nouvelles.
Il ne doit pas créer et penser qu’il vend sa vie intérieure… la place qu’il occupe dans son imaginaire devrait être son salaire, il doit tout d’abord parler à soi-même, s’auto-former… la société gagne cette totale sincérité. Toujours, dans chaque époque la vérité a blessé… le proverbe dit: «la langue tue plus que l’épée» (c’est-à-dire les idées)… et c’est vrai.
Par artistes (ceux qui créent) je veux dire les philosophes, les compositeurs, les peintres… ceux qui ont de nouvelles idées… ceux qui sont prophètes de vérités imprévues.

Gènèalogie de l’art

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Généalogie de l’art

Il y a deux lignes dans l’histoire de l’art, une ligne chaude et une ligne froide, il y a aussi une autre ligne, la troisième, celle qu’on pourrait définir comme ligne onirique.
Commençons avec la ligne chaude. Nous pouvons appeler cette ligne aussi ligne rouge, où le sentiment prévaut, la ligne froide par contre est celle où domine la spéculation, on peut la définir aussi ligne cérébrale, c’est ici que la rationalité soumet le sentiment.
Comme j’ai déjà dit il y a une troisième ligne qu’on peut définir onirique ou irrationnelle ou visionnaire.
Dans la ligne chaude on part avec Van Gogh… il faut être plus précis: au 19ème siècle l’art devient plus libre en France, je veux dire que naît le concept de libre interprétation au 19ème siècle en France, je veux dire qu’elle devient art là où la subjectivité domine sur l’objectivité de la nature.
L’art rouge de passion et de sang naît avec Van Gogh qui féconde tant de grands solitaires et certains des mouvements d’avant-garde comme les fauvistes, les expressionnistes et les Expressionnistes abstraits. Dans les avant-gardes il ne faut pas oublier les pierres miliaires comme Munch, Ensor et Schiele. La peinture de la ligne chaude est une peinture dans laquelle la douleur et l’émotivité critique de l’artiste dominent sut l’acte de peindre et sur la créativité.
La ligne froide ou cérébrale commence clairement avec Cézanne et se développe avec Picasso et le cubisme et puis avec l’abstrait ou du moins avec un certain type d’abstrait rationnel et géométrique. Dans cette ligne froide ou plus spéculative des formes il y a la ligne qui voit le cerveau dominer sur le cœur et le entrailles.
Nous pourrions faire commencer ces deux chaînes 4 siècles avant le 19ème en France. La ligne froide part en Italie avec une peinture de perspective de la Renaissance en opposition avec la peinture de lumière qui naît dans l’Europe du Nord, avec les flamands.
La peinture de perspective de la première Renaissance est une peinture plus rationnelle et composée et proportionnée et froide par rapport à la peinture de lumière des nordiques et qui se développe dans le Classicisme mûr du 16ème siècle et dans le Néoclassicisme et puis comme j’ai déjà dit avec Cézanne, Picasso cubiste etc. etc.
La peinture de lumière plus sombre du nord se développe dans le Naturalisme de Caravaggio et dans le naturalisme en général et puis dans le Romanticisme, et puis de manière plus évidente avec Van Gogh etc. etc.
Il y a aussi une troisième ligne plus visionnaire ou onirique où la rationalité dort. On découvre un vase qui libère des monstres. Cette ligne irrationnelle commence avec Bosch même si ses racines se trouvent déjà au Moyen-âge.
Appartenant à cette chaîne je veux seulement rappeler ceux qui on sont le plus représentatifs comme Sequoia, puis avec Bosch comme une ligne de sang Blake et Goya et pour certains aspects Ensor et tous le Symbolistes et puis tous les Surréalistes et j’ajouterai aussi Pollock et ses amis.
Et puis enfermer dans «Raison, Sentiment et rêve» toute l’histoire de l’art.

Mercredi 8 mai 2002

Encore sur Van Gogh

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Encore sur Van Gogh

Un ami m’a demandé de lui peindre un tableau de tournesols. Je lui ai répondu que non, et je lui ai expliqué pourquoi. Celle-ci est une plante qu’aucun artiste peut peindre après Van Gogh sans risquer de défigurer. Seul un homme du nord et de plus fou, qui a vécu dans les brumes désolées des bassins minéraux du Borinage et dans les bas horizons, dans les grises bruyères septentrionales, seul un grand artiste pouvait les réaliser après être descendu vers le Sud de la France, en Provence. Van Gogh a été brûlé par le soleil du Sud, son corps, mais encore plus son âme: ils s’est carbonisé. Van Gogh a peint quelques tableaux de tournesol, l’apogée de son art. D’autres artistes ont peint cette plante. Certains l’ont fait très bien, d’autres de façon élégante. Mais Vincent l’a fait parfaitement. Il a rendu la plante qui tourne avec le soleil, qui se nourrit de soleil dans des tableaux qui s’enflamment. Tous peints de façon sauvage e approximative, mais avec des couleurs que seul un fou aurait eu le courage d’assembler dans un tableau du XIXème siècle. Il a utilisé seulement quelques couleurs : jaune chrome, jaune ocre, orange et une ligne bleue sur le vase qui les contiens. Le rayure bleue exalte les couleurs chaudes. Comme si c’était nécessaire, on dirait un fourneau. Ces tableaux provoquent des vertiges à ceux qui les regardent et tout particulièrement aux artistes qui les étudient. Ces tableaux sont un sommet inaccessible, à partir de maintenant on ne pourra plus peindre de tournesols, il faut parler de quelque chose d’autre…

9 juillet 1997

La peinture et l’écriture pour moi

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La peinture et l’écriture pour moi

Le peintre peint sa diversité, son aliénation. Il trempe le pinceau, dans le rouge le plus profond et le noir de son cœur et de son âme et comme Prométhée il porte le feu parmi les gens. Ma peinture est éversion, un «j’accuse», le dénonce d’une injustice subie, de mils abus, se regarder au plus profond, une représentation de soi nu, déforme, ignoble, pour accuser ceux qui m’ont rendus ainsi. Le poète divise à l’équerre, met en ligne ses vers, pour raconter sa solitude et sa frustration, ce qu’il n’a pas vécu mais dont il a rêvé, ce qu’il aurait voulu vivre intensément.
Les deux parlent d’un juif, d’une personne équivoque, que personne n’a compris et personne ne comprend car il est malade, malade à cause d’une lois qui est plus malade que lui. Ma poésie est un bégaiement, le vol d’une dinde vers le soleil. Elle parle aussi de moi, d’un infirme, d’un aveugle, d’un boiteux, c’est une œuvre drôle.
Ma poésie est l’œuvre d’un saltimbanque sans expérience et mal au point, mais elle parle de moi, de quelqu’un qui sent avec beaucoup d’intensité ce qu’il n’a pas vécu, elle parle d’un clairvoyant qui a été aveuglé pour pouvoir chanter.

Lundi 4 mai 1998

Sang, sueur, larmes et sperme

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Sang, sueur, larmes et sperme

Hier soir je suis allé avec le professeur Bugatti, directeur de l’institut d’Art de Porta Romana, et avec d’autres personnes, voir une exposition de tableaux abstraits, une des meilleures vues ces derniers temps dans des milieux privés. Je faisais mes observations au professeur, je lui disais que c’était des tableaux très raffinés, mais que certains d’entre eux tombaient dans l’affectation. Le professeur m’a répondu que je suis trop sectaire, car j’apprécie seulement un type de peinture, celle qui ressemble le plus à ma façon de peindre. Mais il a ajouté qu’il préfère mes tableaux, que mes tableaux sont faits avec le sang, la sueur, les larmes et le sperme, que ma peinture a beaucoup de force, mais pas seulement, sinon ce ne serait pas grand chose. Elle est aussi raffinée car je réussi à atteindre la synthèse. Et ceci est pour moi un très beau compliment. J’ai compris qu’il me disait que j’avais atteint un équilibre difficile, entre la puissance, le raffinement et la simplicité. C’est la première grande reconnaissance que je reçois depuis que je peins. Et de plus c’est le professeur qui le dit, une personne qui comprend l’art, ça me rempli de satisfaction. Le professeur m’a vu peindre pendant ses cours les portraits de mes compagnons de l’hôpital psychiatrique. J’aimerai bien exposer ces tableaux tous ensemble et intituler l’exposition: «Je crucifie». J’ai peur qu’il ne soient dispersés, vendu séparément. Maintenant que j’ai rempli les murs de ma maison avec certains de ces portraits, j’emmène ceux que je suis en train de peindre à la Tinaia.

11.6.97

Oser

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Oser

Pour dessiner et peindre des desseins et des peintures très proches à une œuvre d’art il faut du courage, il faut oser.
Beaucoup de ceux qui dessinent et peignent sont très timides quand ils travaillent et le résultat final le montre : leurs desseins, leurs peintures sont incertains, sans ce quelque chose, je ne sais quoi, car ils n’ont pas osé. Quand je parle d’oser je veux dire par là qu’ils n’ont pas eu le cran d’utiliser une certaine couleur ou un coup de pinceau car leur œuvre avait été très fatigante et par conséquent ils avaient peur d’abîmer leur travail s’ils avaient osé un peu plus. Ceci est du à un manque de confiance dans ses capacités, une incertitude dans son propre critère d’évaluation, ne pas croire en soi en tant qu’artiste.
L’art est une recherche et pour pouvoir chercher il faut expérimenter. L’atelier est un laboratoire d’expérimentation continue et pour expérimenter il faut oser.
Parfois, ceux qui osent sont ceux qui n’ont aucun talent, on peut bien le voir autour de nous. De toute façon on peut apprécier beaucoup plus un dessein ou une peinture audacieux, même si fait par quelqu’un qui a très peu de talent, plutôt qu’un dessein tout simplement d’écolier.

Samedi, 27 avril 2002

La fatigue de peindre

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La fatigue de peindre

Je veux exprimer ce que j’éprouvais pendant que je peignais au cœur de la nuit après que pendant deux heures j’avais observé la toile blanche sur le chevalet et après avoir fumé un paquet de cigarettes et avoir bu un café triple. Il s’agissait de faire la preuve de la douleur, de comprendre quel était le degré de tolérance que j’avais de la douleur. Parfois je perdais, l’espace de la toile était un abysse océanique dans lequel je coulais. J’allais alors repêcher mes états d’âme et les sentiments qui m’avaient emmené en prison et dans l’asile. Dans un état fébrile et avec le cœur serré je donnais forme à mon cauchemar du passé, je peignais des autoportraits qui me coûtaient mon sang et mes nerfs. Un derrière l’autre, j’en ai peint plus de soixante. Je crois avoir décrit de façon nette mon esprit contourné, mon tourment. Ceci a duré plus de trois ans. Être témoin de la déchirante blessure, de ce qui m’était arrivé, de ce qu’on m’avait fait, c’était une exigence psychologique. Je crois que personne n’a du passer à travers ce j’ai vécu pour pouvoir peindre.
Maintenant au cœur de la nuit je dors. Je dors assez pour pouvoir affronter la journée de façon acceptable et je peints beaucoup moins. Mais ce qui compte vraiment c’est que je ne peints plus mon passé, maintenant ma vie semble être plus légère, même la fatigue est plus douce. Maintenant je fais les portraits des gens que j’aime ou que j’admire et je leurs les offres. Maintenant tout me paraît apprivoisable.

Août 1996

Salvador Dalì et les Surréalistes

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Salvador Dalì et les Surréalistes

Je ne supporte pas un artiste, disons plutôt un mouvement d’avant-garde que j’accuse de malhonnêteté intellectuelle. L’artiste est Salvador Dalì qui, selon moi, est un usurpateur de la renommé de “grand artiste” et pour un grand artiste je veux dire “grand peintre”.
Salvador Dalì est un homme avec plusieurs talents, le plus grands desquelles est celui de cinéaste et co-auteur de deux films, “Un chien andalou” de 1929 et “L’age d’or” de 1930 faits avec Luis Bunuel… Dalì ne s’est plus exprimé à ces niveaux pendant sa vie d’artiste, d’artiste surréaliste. Un autre de ses grands talents a été celui de promoteur de son travail d’artiste, “d’artiste surréaliste”. Mais ici nous retrouvons un vice intellectuel c’est-à-dire que tout l’art surréaliste est ouvertement malhonnête. Je ne crois pas qu’il soit possible de donner une forme en dessinant vers le subconscient, je pense qu’à la limite on puisse seulement imaginer en dessinant, et pour pouvoir peindre ces fantaisies il faut-être bien éveillés. Peindre est une activité rationnelle qui est prédominée par la volonté, je veux dire que les images sont contrôlées par la volonté et la fantaisie. L’inconscient se présente sans images propres. Dans l’inconscient il n’y a que des pulsations qui se revêtissent d’images, des images qui se poursuivent dans une séquence cinématographique, une séquence cinématographique incohérente et parfois angoissante, vu que la séquence est parfois bizarre et vu que les personnages c’est nous-mêmes dans nos rêves.
Je n’ai jamais eu de rêves avec des images déformées comme celles qu’on voit dans les peintures des surréalistes et c’est pour cela qu’elles me paraissent fausse.
Pour montrer l’atmosphère du rêve, à la place des images, il y a d’autres artistes qui ne sont pas surréalistes comme par exemple Odilon Redon et Giorgio De Chirico, immergés beaucoup plus que Dalì e les autres dans une atmosphère de rêverie.
Un autre grand talent de Dalì est l’habilité technique dans son métier de peintre. Dalì est un vrai virtuose, mais sa technique n’est pas au service d’une bonne cause.

Dimanche 2 juin 2002

Deux reflections

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DEUX REFLECTIONS

Hier j'ai trouvé un catalogue d'une exposition, c'était celle du peintre Vaccarezza ou Vaccareccia. Il proposait des portraits de personnes qui avaient été hôtes de l'hôpital psychiatrique, des fous quoi.
Ce pseudo peintre représentait des caricatures d'êtres humains, peut-être il pensait de représenter le désordre intérieur et la souffrance intolérable.
Ce peintre, comme beaucoup de personnes, ne se rend pas compte que la caricature d'un homme est le singe et non pas le fou. Le fou a les traits altérés, altérés comme s'il avait un masque, le masque digne de quelqu'un qui souffre.

Par fois il m'arrive d'avoir une nuit ténébreuse dans la tête à cause des médicaments, par fois je me sens comme une lame, comme une lame qui coupe la gorge, une lame qui pénètre dans les côtes.
Mon aspect, peut-être humble et inoffensif, le regard perdu dans le vide, la façon de parler lente et basse a peut-être trompé beaucoup de gens c'est pour cela qu'ils ont pensé de ne faire qu'une bouchée de moi, mais je suis resté dans leur gorge, comme un hameçon. Peut-être ils pensaient de m'avoir vaincu, mais non, au contraire.
Ils m'ont enfermé dans des lieux horribles, mais j'en suis sorti par la porte principale et avec les clés. Je ne suis pas marqué par des expériences qui auraient brisé n'importe qui.

31.1.97

Observer

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Observer

Pour pouvoir peindre (dessiner) et écrire il faut savoir observer. La peinture et l’écriture semblent être à l’opposé, mais elles sont semblables par l’observation. Observer pour comprendre et reproduire et décrire. On peut observer le moine qui cherche à manger sur la mer. Observer n’est pas regarder : on observe avec le cerveau pour pénétrer, pour comprendre.
Bien entendu l’organe préféré du peintre est l’œil, mais pas l’œil qui se limite à regarder, c’est plutôt celui qui, derrière le cerveau, raisonne, étudie, médite sur ce qu’il a devant soi pour une compréhension profonde et pour pouvoir reproduire de façon efficace.
La même chose sert à l’écrivain, mais avec un résultat encore plus abstrait, je veux dire par là qu’un écrivain pour écrire doit observer le monde, la vie pour décrire le monde, la vie de façon efficace et observer la vie c’est une abstraction : elle se fait avec les yeux et derrière le cerveau.
Observer c’est une action silencieuse et pour ceux qui veulent écrire ou peindre elle doit devenir obligatoirement une attitude.

Mercredi 17 avril 2002

La couleur

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La couleur

Pour moi la couleur est fièvre, délire, insulte. On peut apprendre à dessiner, avec un bon professeur, on peut devenir d’excellents peintres, et l’histoire de l’art est pleine d’excellent peintres, par contre il y a très peu d’artistes qui se distinguent par leur sensibilité à la couleur. Car, même si il y a des théories plus ou moins scientifiques sur l’assemblement des couleurs, mettre ensemble des couleurs qui s’intensifient les unes avec les autres, est une capacité intuitive, instinctive qu'aucune théorie peut enseigner.
Par exemple, pouvoir assembler du jaune et du bleu du même, parfait ton, et les tons du jaune et du bleu sont infinis, alors, je disais, trouver immédiatement sur la table des couleurs deux tons qui se marient parfaitement, c’est tout simplement une qualité innée, qu’aucun professeur peut enseigner.
Quand je trouve un dessein qui me passionne, j’entasse énergiquement, rapidement, une couleur après l’autre et l’émotion que j’éprouve pendant que j’assemble le premier coup de pinceau de couleur à une autre couleur, je la compare à l’émotion que j’éprouverai si je poignardais un homme, ou le geste qu’on fait pour couper en deux , avec un seul coup d’hache, une grosse bûche de bois.

6.6.97

Quand la mort danse dans l’art

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Quand la mort danse dans l’art

Les peintres du drame font partie d’une catégorie : c’est un fil très fin qui parcourt les siècles et arrive jusqu’à nos jours. Il y a des latitudes dans lesquelles on retrouve plus facilement de grands artistes. On en trouve surtout en Europe centrale et certains en Europe septentrionale. Les allemands en ont plusieurs. Dans la période de la Renaissance il y a déjà de magnifiques tableaux du drame, je pense par exemple à une crucifixion de Grunewald et un Christ mort de Holbein. Mais plus en général pour les peintres allemands le drame cosmique est la dimension de l’âme. Celui qui est le moins touché par ceci est Dhurer. Après un voyage en Italie il est touché par le classicisme et par celui-là mouillé. En Italie il y a seulement un très grand artiste qui atteint ces niveaux dionysiaques : Caravaggio. C’est une exception. Peut-être parce que sa vie, sa personnalité sont dramatiques (il a même tué un homme). En regardant ses tableaux on peut comprendre qu’ils ont été peints par un homicide. Un autre grand artiste du drame est Goya. Il réussi à rendre parfaitement l’Espagne profonde, la religion comme synonyme de superstition et d’asphyxie, les féroces fêtes populaires, le manque de liberté, la misère morale et matérielle, la souffrance personnelle, c’est –à-dire quand il devient sourd. J’ai déjà parlé des anciens peintres allemands, mais il y en a un autre: Friedrich, romantique et dramatique. Au Pays-Bas, un autre tragique et fou : Van Gogh. Ses campagnes semblent être éblouies par le soleil d’une autre galaxie. Tout est halluciné et plein de sentiment dramatique et de solitude. Il se suicidera. Puis j’ajouterai Edvard Munch, plus malade que dramatique, peut-être parce qu’il est né trop au nord. Une mauvaise latitude pour les grands artistes.
Dans ce siècle le plus grand est Egon Shiele. Dans la vie réelle il fait poser sa propre sœur et fini presque par aller en prison pour viol (pas contre sa sœur). Ses portraits de nu, quasi rigides, sont pourtant contournés par une ligne fonctionnelle nerveuse et parlent d’une sexualité malade. Il mourra très jeune à cause d’une grippe.

29.1.98

Art roman et art gothique

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Art roman et art gothique

Deux styles architecturaux, le style roman et le style gothique sont tous deux nés en France et sont tous deux antithétiques. Le style roman est dense, sombre, lourd et bas le gothique est par contre souple, étincelant, transcendantal et élégant.
Le roman vient en premier et il est sombre car dans ses murs il y a des petites fenêtres. Le roman ne s’élance pas car ses murs sont des murs portants très épais et c’est aussi à cause de ça qu’ils ne peuvent pas s’élancer et peuvent contenir seulement de petites fenêtres.
On pourrait presque définir le roman comme un style modeste/humble qui s’adapte bien aux églises de campagne et aux petites cathédrales.
Le roman est éclectique et il n’y a pas de canons et modules architecturaux standard. Les églises romanes peuvent être très différentes les unes des autres.
Le gothiques par contre est l’halètement vers l’hauteur et le divin, le gothique est un style transcendantal, ceci parce que le gothique a un squelette de piliers (faisceaux de colonnes) qui renferment en croisée d’ogive ou même dits arcs en ogive bloqués par des contreforts et par des flèches qui peuvent monter très haut et parmi les piliers. A la place d’un mur le gothique met un vitrail plombé et colorié car dans une église gothique les murs ne sont pas indispensables. C’est pour cela qu’il monte en hauteur et les intérieurs des églises gothiques sont plus lumineux. Cette lumière veut symboliser le divin, la pensée divine.
L’ensemble des églises gothiques donne une impression de légèreté et transcendance.
Le gothique est un style plus homogène par rapport au roman, je veux dire par là que c’est un style plus standardisé dans ses parties.
Dans le style gothique il y a de merveilleuses cathédrales.

Mercredi 18 septembre 2002

Caravaggio

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Caravaggio est mon peintre préféré, parmi les peintres nés dans mon pays. Caravaggio est un peintre classique, le premier peintre vraiment moderne, avec une esthétique vraiment moderne. Sous certains points de vue il pourrait passer pour un peintre contemporain.
Caravaggio est un violent, comme violente est sa peinture qui dans la période mûre semble être située dans la cave. Dans certains tableaux, comme par exemple celui de "Ecce Homo", on dirait même qu'il est expressionniste.
La peinture moderne commence avec Caravaggio, si par moderne on entend une esthétique qui n’est pas aimable. Les tableaux des grands maîtres comme Botticelli, Raffaello etc… sont faits de figures de femmes et petites images de la Vierge pleines de componction et dévotion, ils sont trop liés à une esthétique de la beauté, trop édulcorés, trop jolis, liés à une conception de la beauté idéale reliée au monde classique grec et non pas romain. Dans les statues qui nous sont arrivées depuis le monde classique (grec et romain) on voit que les romains essayaient de donner à leurs sujets un aspect réel et naturel, par contre les grecs les idéalisaient.
Notre Renaissance s'inspire au monde idéalisé grec. Le premier peintre qui s'éloigne de la beauté idéale dans notre pays est Caravaggio et il le fait d'une façon extrêmement originale. Avec des traits de lumière qui fendent les ténèbres et qui saisissent les personnages représentés à l'apogée, dans l'instant plus expressif d'un mouvement, d'une action et ne sont jamais beaux en sens classique, mais dans un sens expressionniste.

2.8.98

Inesthètique

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Inesthétique

Mon propos était celui de peindre ma vie, une vie différente, ingénieuse dans le mal et de a rendre de façon brutale, c’est-à-dire comme je l’ai vécue. Une inesthétique. Les artistes essayent de peindre des tableaux pour les séjours ou pour les salons, mon souhait serai d’exposer mes tableaux dans les hôpitaux psychiatriques, de petites villes douloureuses enfermées entre de hauts murs, où des gens y ont vécu grande partie de leur vie oubliés, presque enterrés, des gens qui ont familiarité avec la souffrance se sentiraient représentés et compris, mais pas consolés. Mon intention n’est pas de consoler ni de édulcorer, la mienne est une inesthétique de la nausée et du dégoût. C’est pour cela que je ne vends pratiquement pas mes tableaux. Je pourrais bien dessiner de beaux bouquets de fleurs ou très douces Madones à placer sur le lit, mais je dessines des images que les bien-pensants, qui non comprennent pratiquement rien d’une œuvre, mettraient à la cave. Je ne me décourage pas. Je dis qu’il faut embellir un monde qui est trop barbare, il faut de la mystification, il faut créer des images splendides pour les philistins, qui soient capables de les rassurés, qu’il faudrait mettre dans les oasis, leur belles maisons. Mais on a besoin de plus de sincérité, de lucidité, on a besoin de dire la vérité, de faire ouvrir les yeux, même si ceci n’est pas apprécié. Être envahissant avec mes tableaux, tableaux qui représentent ma vie, les avoir peints malgré tout, contre tout, pour laisser un document sur mon enfer, sur ce que j’avais subi, ce que j’avais souffert pour les faire, a été un dur combat. Douleur à la blanche chaleur. J’ai réussi, maintenant je suis satisfait. Je ne souhaite pas le succès comme artiste, je perdrais tous les contacts avec ma réalité, je ne saurais plus qui je suis. La chose plus importante sont les tableaux, les seuls qui restent, les artistes à la mode passent.

Octobre 1996

Pour écrire il faut…

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Pour écrire il faut…

Pour écrire il faut vivre, même si on peut écrire grâce à l’expérience indirecte de la lecture. On peut devenir écrivain sans avoir eu d’expériences importantes, mais en les ayant connues et comprises à travers les livres d’autres écrivains, pas seulement les livres mais aussi les films, certains y parviennent, pas tous, mais la meilleure façon de connaître c’est à travers l’expérience directe. On peut écrire seulement des choses qu’on a compris et un bon écrivain doit avoir une bonne capacité d’introspection. Essayer de se comprendre soi-même pour comprendre les autres. Il faut utiliser sa propre expérience comme critère pour mesurer et comprendre les expériences autrui et du monde et pour pouvoir être ainsi capables de les décrire. Il faut comprendre sa psychologie et ses propres sentiments pour mesurer son prochain et la vie.
Il n’y a pas de bonne littérature sans épaisseur psychologique et description pointue des sentiments. La description réelle et véridique des milliers de nœuds de la vie est plus important du style, mais il vaut mieux avoir un bon style. Pour pouvoir parler de la vie il faut l’avoir comprise. On ne peut parler de quelque chose sans l’avoir compris et pour que cela advienne il faut tout d’abords se comprendre soi-même, autant qu’on peut.

Dimanche 6 octobre 2002

Leonardo peintre et Michelangiolo

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Leonardo peintre et Michelangiolo

Leonardo vient en premier, c’est un peintre du Quattrocento. Même si d’un certain point de vue il est plus innovateur de certains peintres du XVIème siècle. Par exemple de Michelangiolo. Leonardo scrute l’émotion et les sentiments et même dans les spécificités du caractère de l’être humain et, par conséquent, des personnes qu’il peint et de ses modèles. Les modèles de Leonardo expriment un mouvement de l’âme qui les défini et cela ne pouvait se passer différemment, Leonardo était un scientifique qui peignai, c’était un investigateur, et on dirait en regardant ses dessein, presque en psychologue.
Michelagiolo sacrifie l’expression pour le style. Dans ses fresques il n’y a pas de traits psychologiques des personnages qu’il peint. Ses personnages sont facilement reconnaissables par le style grandiose et titanique. On dirait que ses figures sont ineffables, comme s’il manquait quelque chose, un crépuscule ou une aube, ce qui défini le grand style d’un des plus grands artistes jamais existés.
C’est comme si Michelangiolo réussissait à rendre concret le rêve et l’ombre. Michelangiolo est plus artiste et Leonardo est plus scientifique, chercheur. Leonardo est plus inquiet, Michelangiolo plus tourmenté.

Mardi, 5 février 2002

Au lycèe artistique

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Au lycée artistique

Aux cours du soir au lycée artistique j’ai eu une discussion avec le professeur de figure.
Je lui expliquais mes raisons et lui m’expliquait les siennes. Il me disait: «Regardes ce dessin… ça fait des mois qu’il y travaille dessus, le tien par contre n’est pas encore terminé» et moi qui continuait à lui répliquer: «Pour moi le dessin n’est pas le but, le dessin terminé n’est pas mon but, j’utilise le dessin en fonction d’une peinture, pour moi un dessin est un instrument, le dessin me sert en fonction d’une peinture» et lui «c’est une école, ici on dessine comme-ça, c’est ce qu’on apprend ici», j’essayais de m’expliquer: «je ne suis pas intéressé à parfaire un dessin jusqu’à l’épuisement, pour ce que sont mes buts mon dessin est déjà terminé» et les autres élèves qui me disaient: «tu sais déjà faire de tas de choses, mais si tu continues comme-ça tu n’apprendras rien d’autre, tu feras seulement les choses que tu connais» et moi: «je viens ici pour désenchaîner ma main et le dessins que je fais ici suffisent pour terminer une peinture qui est mon but, je suis seulement intéressé à la précision et non pas à la finition».
En somme on pourrai dire qu’il y a une mauvaise atmosphère.

Vincent Van Gogh

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Vincent Van Gogh

Je voudrais passer une soirée avec toi, Vincent. J’aime ta façon fébrile de faire de la peinture, je comprends ton tourment, ta vie désolée. Nous sommes unis par la folie et du fait d’avoir chercher dans la peinture ce que l’art peut donner, quelque chose qui puisse substituer la vrai vie, les relations, l’amour qui nous a manqué. Nous avions échoué dans tout ce que nous avions entrepris et alors nous nous sommes imaginé peintres, toi à l’age de vingt-sept ans moi à quarante, par désespoir.
Jusqu’au jour où tu as démoli ton existence avec un coup de pistolet, tu n’as supporté la douleur et ce que tu avais compris, c’est-à-dire que l’art est un exercice solitaire, que nous sommes seuls avec notre tourment devant la toile. Je suis aussi arrivé à cette conclusion: l’art ne peut substituer ce qu’il y a de plus important dans la vie: l’amour. J’ai résisté, peut-être parce que j’ai plus de cran, j’ai commencé une guerre déjà perdue, j’ai supporté l’effrayante absence de rapports humains, jusqu’au moment où je suis incroyablement et sorti d’une situation qui ne permettait pas de penser qu’elle aurai changé. Maintenant je peins, conscient que l’art n’est qu’une activité qui ne peut combler le vide d’amour, même si elle considérée un produit de l’esprit.
Je sais des choses que tu ne pouvais pas connaître/savoir, une des toiles que tu offrit fut usée comme porte d’un pollaio. Maintenant pour voir tes toiles il y a des processions énormes de personnes qui se forment, pour l’exposition plus complète qui fut organisée sur tes œuvres il fallait réservé les billets des mois à l’avance. Ton art est objet de culte et tes tableaux sont les plus recherchés et les plus chers du marché. Pour moi, tes toiles sont les meilleures, car elles sont tourmentées, splendides icônes, qui apparaissent de la nuit de la raison, peintes avec un pinceau trempé dans tes côtes, ruisselant de sang.
Vincent tu as fait un magnifique travail.

Septembre 1996

Potrait d’un peintre

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Portrait d’un peintre

Le monde de Roberto Sguanci est un monde de conte, un peu surréel dans lequel tous s’aiment, c’est un monde de tendres regards, d’yeux rêveurs, comme des miroirs qui aiment et qui reflètent cet amour… et il y a de plus.
Le monde poétique de Roberto touche même le cinéma visionnaire d’un unique et singulier artiste: Federico Fellini, de plus il est couvert par un humour fantastique et débonnaire, délicat et farfelu, disons entre Collodi et Pierrot… Un humour nocturne, lunaire et rêveur… C’est le monde d’un artiste né sous le signe de Saturne comme tous les esprits vraiment étranges, comme tous les vrais artistes.

Luciano Ascenzi

Le portrait 3°

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Le portrait 3

Dans le portrait figuré et non pas photographique la précision physionomiques du modèle n’est pas souhaitable, car la précision alourdi l’œuvre, l’imprécision, le flou. L’impression seraient au contraire souhaitable, car l’impression du modèle le idéalise. Rendre le modèle de façon imprécise comme une ombre qui passe sur le visage ou un éventail qui cache et révèle le visage du modèle en augmente le charme, je dirais qui le lui intensifie et non pas le diminue.
Le flou oblige le spectateur à une reconstruction entre ce qui est peint et le modèle et si le modèle est peint seulement dans ses caractéristiques et pas complètement, c’est l’œuvre qui y gagne.

Andy Warhol et moi

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Andy Warhol et moi

Des personnes avec une compétence à peine élémentaire et peu sensibles après avoir vu mes peintures m’ont dit: “Tu copies Andy Warhol” ou “tu t’inspires à la Pop Art”. Rien du plus inexacte et distant. La Pop Art reproduit l’imaginaire collectif populaire et la société de consommation, comme par exemple les personnages des BD, les marchandises de consommation populaire des supermarchés et Andy Warhol, avec la sérigraphie, qui est un processus d’impression mécanique, une gravure de photographies qu’il a faites, reproduit en série des personnages de l’imaginaire collectif populaire. Dans ses photos il garde tout le système de dégradés et de lumières et ombres même si colorés par la peinture.
J’évite de décrire mes moments précédents, celui académique, duquel je garde peu d’exemples, celui symbolique expressionniste autobiographique e celui semi-mécanique pendant lequel je faisais le portrait de mes compagnons, les patients de l’hôpital psychiatrique. Je veux parler des portraits que je fais maintenant surtout aux jeunes filles, le tableaux pour lesquels ont m’accuse d’être un disciple de la Pop Art.
Mes portraits sont faits pour de bon. Pour le dessin sur toile j’ai besoin que le mannequin pose. Puis je mets la couleur sur la toile suivant ma mémoire, je mets une couleur qui n’est pas réaliste, mais qui représente une interprétation psychologique émotionnelle du mannequin même. Je pose la couleur sur le fond du tableau sans tenir compte du système académique du dégradé. En outre je défini le tableau en travaillant les yeux après avoir négligé pour un usage économique des variables tout le reste. Cette profondeur du regard (c’est ainsi que je la dénommerais) me sert pour donner une interprétation personnelle de la personnalité du mannequin. Ces portraits deviennent donc une interprétation symbolique de la psychologie du mannequin avec beaucoup de libertés techniques que je prends, une économie extrême des moyens techniques d’expression.
On vois très bien que tout ceci n’a rien à voir avec la reproduction de la société de consommation populaire e je voudrais ajouter que, comme artiste, je ne vaut pas moins que Andy Warhol, au contraire je suis bien plus créatif et habile que lui dans le métier de peintre.
Ceci est tout, une fois pour toutes.

Dimanche 6 août 2001

Vermeer

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Vermeer

Vermeer était un marchand d’art qui aimait peindre, c’était un peintre du dimanche. Je crois que pendant toute sa vie il n’a jamais essayé de vendre un tableau. Quand il mourût personne ne le connaissait comme peintre. Vemeer est une découverte du XIX siècle, on s’est aperçus de cet incroyable artiste seulement deux siècles après sa mort. Ses tableaux sont tellement précieux et rares en peinture. Il n’y a que très peu de tableaux de Vemeer.
Vemeer est le peintre de la lumière. Aucun artiste, ni avant ni après lui, ont su rendre la lumière comme il l’a fait. La lumière de Vemeer est comme la poussière dorée qui rend précieuse

Picasso

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Picasso

Je suis allé à Rome trouver Aline et nous avons parlé toute la journée.
Elle, le matin, peut-être par peur de ne pas savoir comment passer la journée avec moi, sans une destination précise, m’a proposé d’aller voir une exposition sur Picasso. Je n’ai pas refusé et lui ai dit: «Je le connais déjà, j’ai visité le musée Picasso de Barcelone, et ça fait longtemps que je ne vais plus voir une exposition».
Pourquoi ce sujet? Parce que Aline connaît mes tableaux, elle les a vus et elle fréquente les expositions, c’est du moins ce qu’elle dit. Aline me reprochait d’être trop dramatique, elle me disait que je n’étais pas capable de sublimer le sujet que je traitais. Elle dit que les grands artistes trouvent toujours une médiation entre le drame et l’esthétique.
D’accord, maintenant je te réponds: Aline tu es allé voir l’exposition sur Picasso et tu n’as pas compris Picasso, la grande révolution anti-esthétique ou anti-grâce (comme disaient les futuristes) du plus grand artiste du siècle.
Après Picasso il n’y a plus d’espace pour la beauté, la grâce, le sublime.
Celle-ci était l’art des grands maîtres du passé jusqu’à arriver à lui, après non, on en a plus eu besoin. L’art s’est exaucée, ramollie, était devenue anémique, elle n’avait plus rien à dire, elle était morte.
Picasso, outre la révolution de la perspective, qui lui sert pour une idée de l’art qui ne soit pas sublime, peint avec l’épée du torero et les banderillas et découpe ses sujets, mais aussi avec les bistouri du chirurgien car c’est un des plus grands peintres de l’histoire de l’art dans ses moments plus grands, quand il devient intouchable, pas dans la période bleue et rose, qui sont les plus compréhensible pour ceux qui ne comprennent pas trop, car elles sont plus faciles, et appartiennent au jeune Picasso.

Mardi 16 mars 2002

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