Le portrait 2
Il faut qu’il y ait la vérité, c’est-à-dire la profondeur, je veux dire qu’il ne faut pas s’arrêter à la surface dans le portrait, dans la peinture. La ressemblance physionomique ne suffit pas, c’est peu pour un artiste. Il faut savoir cueillir les caractéristiques psychologiques et émotives qui caractérisent le modèle et les reproduire dans le portrait.
Rembrandt dans les différentes saisons de sa vie a peint une série extraordinaire d’autoportraits dans lesquels il se dévoile complètement. Rembrandt est peut être le plus grand dans ce domaine, je veux dire dans le portrait et l’autoportrait.
Celle de l’autoportrait est une autre histoire, il est peut-être plus facile d’investiguer au plus profond de soi-même, peut-être, je dis bien peut-être car peux sont ceux qui y arrivent.
Moi, dans le portrait, pour obtenir une plus grande profondeur je me confie à la mémoire, je veux dire par là qu’après avoir dessiné le modèle sur la toile je n’ai plus besoin du modèle. L’étalement des couleurs se fait dans un deuxième temps, quand le modèle n’est plus présent. J’étale les couleurs en me fiant à la mémoire sans avoir le modèle en face.
De cette façon je pense rendre outre que la ressemblance que j’ai obtenu dans le dessein avec le modèle juste en face, même les caractéristiques émotives et psychologiques du modèle qui m’ont le plus marqué et par fois impressionné. La mémoire purifie tout ce qui est superflu et qui n’est pas influent, dans la mémoire reste le plus fort, l’essentiel, le plus caractérisant.
Vendredi 22 juin 2001